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Une chronique de Victorien Dufresne

Savon de Marseille sur le visage : une fausse bonne idée ?

Le cube trône dans la salle de bain. Gravé du nom d’une ville, associé aux huiles végétales et à un imaginaire provençal bien installé, il inspire confiance.

Victorien Dufresne, Artisan formulateur et critique de la cosmétique durable·Mis à jour : 30 août 2026·17 min de lecture

Savon de Marseille sur le visage : une fausse bonne idée ?

Savon de Marseille sur le visage: une fausse bonne idée?

On l’utilise pour les mains, le linge, parfois le corps, et l’on finit naturellement par se demander s’il peut aussi remplacer un nettoyant pour le visage.

Mon avis sur le savon de Marseille pour le visage tient en une phrase: ce n’est pas un mauvais produit, mais ce n’est généralement pas le produit le plus cohérent avec la physiologie de la peau du visage. Le problème ne vient pas de son origine artisanale ou de son aspect naturel. Il tient surtout à sa nature chimique: un véritable savon est alcalin, alors que la surface de la peau est légèrement acide.

Un savon de Marseille classique affiche généralement un pH situé autour de 9 à 11, tandis que la surface cutanée se situe le plus souvent dans une zone acide, autour de 5 à 5,5, avec des variations selon les personnes et les zones. L’échelle du pH étant logarithmique, l’écart n’est pas anodin. Après le lavage, la peau peut revenir progressivement à son équilibre, mais les nettoyages répétés et les frottements peuvent aussi entretenir une sensation d’inconfort, de sécheresse ou de réactivité.

Le paradoxe du pH: pourquoi le savon de Marseille déstabilise l’épiderme

Le pH de la peau n’est pas un argument décoratif que les marques ajoutent sur leurs emballages pour donner une allure scientifique à leurs produits. Il correspond à l’environnement de la surface cutanée, souvent appelé manteau acide. Cette fine protection est liée notamment au sébum, à la sueur et aux substances produites par la peau.

Elle participe à plusieurs fonctions:

  • elle limite la prolifération de certains micro-organismes indésirables;
  • elle contribue à maintenir la cohésion de la barrière cutanée;
  • elle intervient dans l’activité de certaines enzymes de l’épiderme;
  • elle aide la peau à retenir son eau et à mieux résister aux agressions extérieures.

Un savon de Marseille véritable est obtenu par saponification d’huiles végétales avec une base alcaline, généralement de la soude. Cette réaction transforme les corps gras en sels d’acides gras, autrement dit en savon, avec de la glycérine comme sous-produit. Le résultat est nécessairement alcalin. Ce point vaut pour le savon de Marseille, mais aussi pour les savons saponifiés à froid: la méthode de fabrication change, pas la nature chimique fondamentale du savon.

Lorsque l’on applique régulièrement un produit très alcalin sur le visage, on modifie temporairement l’environnement de la peau. Une peau robuste peut le tolérer ponctuellement. Une peau sèche, atopique, réactive ou déjà fragilisée peut, elle, réagir plus vite. Le lavage retire une partie des lipides de surface et augmente la sensation de sécheresse, surtout si l’eau est chaude, si le savon est frotté directement sur le visage ou si le nettoyage est répété matin et soir.

La sensation de peau parfaitement propre n’est pas toujours une bonne nouvelle: parfois, c’est simplement la barrière cutanée qui vient de perdre une partie de ses lipides.

Il faut aussi se méfier d’une confusion fréquente. Le pH d’un produit n’est pas le seul facteur qui détermine sa tolérance. La concentration en agents nettoyants, la durée du contact, la température de l’eau, la fréquence d’utilisation et l’état initial de la peau comptent également. Un savon alcalin utilisé occasionnellement sur une peau résistante ne provoquera pas forcément de problème. À l’inverse, un nettoyant présenté comme doux peut devenir irritant s’il est utilisé trop souvent ou si l’on frotte longuement.

Que signifie réellement « pH de la peau »?

Le chiffre de 5,5 est une valeur de référence, pas une consigne universelle qui s’appliquerait à tous les visages de la même manière. Le pH varie selon la zone, l’âge, la transpiration, la saison, les produits utilisés et l’état de la barrière cutanée. Le contour des yeux, les ailes du nez et les zones atteintes de dermatite ne réagissent pas comme le front ou le menton.

La peau n’a donc pas besoin que chaque produit soit exactement à pH 5,5 pour fonctionner correctement. En revanche, un savon classique reste éloigné de cette zone acide. Son caractère alcalin explique pourquoi il peut être mal toléré par certaines personnes, même lorsqu’il contient des huiles végétales de bonne qualité.

La mesure du pH à la maison mérite par ailleurs un peu de recul. Une bandelette plongée dans une solution de savon donne une indication, mais le résultat dépend de la dilution, de la température et de la méthode. Il ne suffit pas de lire un chiffre sur une fiche produit pour conclure qu’un savon est adapté au visage. Il faut d’abord savoir si l’on parle d’un savon véritable ou d’un produit lavant qui utilise des tensioactifs.

Saponification à chaud vs à froid: la différence majeure pour votre barrière cutanée

Le savon de Marseille traditionnel est historiquement fabriqué par saponification à chaud, dans un chaudron. Les huiles et la soude sont mélangées puis chauffées afin de mener la réaction à son terme. La pâte est ensuite lavée, séparée de la glycérine et des impuretés selon le procédé employé, puis coulée, séchée, découpée et estampillée.

La saponification à froid, ou SAF, suit une logique différente. Les huiles et la soude réagissent sans cuisson prolongée. Le savon est ensuite laissé au repos pendant plusieurs semaines afin que la réaction se termine et que la pâte perde une partie de son eau. Le formulateur peut prévoir un surgraissage: une fraction des huiles ou des beurres n’est pas transformée en savon.

Cette différence de procédé est intéressante, mais elle ne doit pas être transformée en opposition simpliste entre un savon agressif et un savon naturellement doux. Un savon SAF reste un savon alcalin. Son pH n’est pas celui de la peau et il ne devient pas automatiquement un nettoyant visage parce qu’il a été fabriqué artisanalement, à basse température ou avec une huile réputée précieuse.

Le surgraissage peut toutefois modifier la sensation au lavage et limiter l’impression de dessèchement chez certaines personnes. La formule, le choix des huiles, la quantité d’eau, la cure et la manière d’utiliser le produit jouent ensemble. Un savon très surgraissé peut laisser davantage de confort, mais il ne transforme pas pour autant le lavage en soin hydratant. Les huiles présentes dans la formule ne remplacent pas une crème ou un baume appliqué après le nettoyage.

Savon de Marseille traditionnelSavon saponifié à froidSyndet solide
Nature du produitVéritable savonVéritable savonPain nettoyant à base de tensioactifs
Procédé habituelSaponification à chaudSaponification sans cuisson prolongéeMélange et mise en forme, sans saponification des huiles
pHAlcalinAlcalinPeut être formulé dans une zone proche du pH cutané
SurgraissagePas nécessairement présent ou revendiquéSouvent indiqué par le fabricantCe n’est pas le critère principal
Intérêt principalNettoyage polyvalent du corps, des mains ou du linge selon la formuleFormule artisanale modulable, avec différents niveaux de surgraissageNettoyage plus compatible avec les peaux réactives lorsqu’il est bien formulé
Limite pour le visageAlcalinité et pouvoir nettoyant parfois mal tolérésAlcalinité persistante malgré le surgraissageCertains tensioactifs ou parfums peuvent tout de même irriter

Le point important est donc celui-ci: SAF ne signifie pas pH neutre. Un savon saponifié à froid peut être agréable à utiliser, bien formulé et parfaitement adapté au lavage des mains ou du corps. Cela ne suffit pas à en faire le meilleur choix pour un visage sec ou réactif.

La glycérine et le surgraissage ne racontent pas toute l’histoire

La glycérine est naturellement produite lors de la saponification. Elle possède des propriétés humectantes, mais sa présence dans le savon ne neutralise pas l’alcalinité du produit. Selon les procédés et les formulations, une partie de la glycérine peut rester dans le savon ou être séparée. Là encore, il faut regarder le produit réel plutôt que se fier à un mot valorisant.

Le surgraissage n’est pas non plus un bouclier absolu. Il peut améliorer le confort, mais le visage reste exposé à un produit alcalin qui rince une partie des lipides de surface. Pour une peau sèche, la question n’est donc pas seulement de savoir si le savon contient du karité, de l’huile d’olive ou de l’huile d’amande. Il faut se demander si le nettoyage lui-même est nécessaire et suffisamment doux.

Le mythe du produit universel: décryptage des compositions et des imitations

Le nom « savon de Marseille » évoque une tradition, mais il ne décrit pas à lui seul une formule unique. Les produits vendus sous cette appellation peuvent différer par les huiles utilisées, les proportions, la présence de parfum, la couleur, le procédé de fabrication et le niveau de traçabilité.

Il n’existe pas d’AOP européenne stricte qui garantirait, à elle seule, l’origine et la composition de chaque cube portant ce nom. Des professionnels se sont regroupés autour de démarches et de cahiers des charges destinés à mieux encadrer le savon de Marseille traditionnel, mais l’appellation commerciale ne suffit pas à établir qu’un produit répond à tous les critères attendus.

Le marquage « 72 % d’huiles végétales », souvent associé au cube traditionnel, renvoie à une proportion de matières grasses traditionnellement mise en avant dans la fabrication du savon de Marseille. Il ne constitue pas, à lui seul, une garantie globale sur la qualité des huiles, l’absence de parfum, la douceur pour le visage ou le pH du produit. Il ne permet pas non plus de déduire que le savon conviendra à une peau sèche.

Sur l’étiquette, on peut rencontrer des savons composés principalement d’huile d’olive, mais aussi des formules associant huile de coprah, huile de palme ou d’autres corps gras. Aucun de ces ingrédients ne rend automatiquement un savon impropre ou adapté au visage. L’huile d’olive n’annule pas l’alcalinité, et une formule courte n’est pas nécessairement plus douce qu’une formule plus élaborée.

Les parfums et les huiles essentielles méritent une attention particulière. Ils peuvent rendre le produit plus agréable, mais ils ajoutent aussi des substances susceptibles de provoquer une gêne chez les personnes sensibles. Les colorants, les allergènes parfumants et certains extraits végétaux ne sont pas problématiques pour tout le monde, mais ils n’apportent pas forcément d’intérêt au nettoyage du visage.

Lire la composition sans se laisser hypnotiser par le cube

Un véritable savon se reconnaît généralement à la présence de sels d’acides gras dans la liste d’ingrédients, avec des termes comme sodium olivate, sodium palmate ou sodium cocoate selon les huiles et les matières grasses employées. Cette lecture ne permet pas de prédire toute la tolérance, mais elle aide à distinguer un savon d’un pain nettoyant composé de tensioactifs.

Quelques repères sont plus utiles que la couleur du cube ou l’image de la marque:

  • une liste d’ingrédients courte et compréhensible;
  • la nature des huiles clairement indiquée;
  • l’absence de parfum si la peau réagit facilement;
  • un fabricant qui précise le procédé de fabrication;
  • des informations cohérentes sur la cure, le surgraissage et l’usage prévu;
  • une présentation qui ne promet pas à la fois de décaper, de purifier et de réparer la peau.

Il faut aussi faire la différence entre une imitation et un produit simplement différent. Un savon qui n’est pas fabriqué à Marseille n’est pas forcément mauvais. Un pain contenant des tensioactifs n’est pas un faux savon au sens d’une tromperie automatique: il s’agit d’une autre famille de produits, parfois plus pertinente pour le visage. Le vrai sujet n’est pas de défendre une étiquette régionale, mais de comprendre ce que l’on applique sur sa peau.

« Naturel », « artisanal » et « traditionnel » décrivent une histoire ou un mode de fabrication; aucun de ces mots ne suffit à prouver qu’un produit sera doux pour votre visage.

Les fabricants historiques proposent souvent des cubes parfaitement cohérents pour les mains et le corps. Leur intérêt réside dans la simplicité, la polyvalence et la durabilité du produit. Mais un savon destiné au linge ou au lavage des mains n’a pas la même fonction qu’un nettoyant visage conçu pour limiter la délipidation et la sensation de tiraillement.

Signes d’alerte: quand votre peau réagit au nettoyage alcalin

La peau ne présente pas toujours une réaction spectaculaire. Elle peut simplement devenir plus inconfortable au fil des jours. C’est souvent cette évolution lente qui fait croire que le problème vient de la météo, du chauffage, d’un nouveau sérum ou d’un changement hormonal, alors que le savon utilisé deux fois par jour entretient l’irritation.

Voici les signes à observer après le nettoyage:

1. Une sensation de tiraillement immédiate.

La peau paraît tendue, comme si elle avait été trop longtemps exposée à l’eau. Une sensation de propreté très nette n’est pas forcément un indicateur de bonne tolérance.

2. Des rougeurs qui apparaissent après le lavage.

Elles peuvent se concentrer sur les joues, les ailes du nez, le menton ou les zones déjà sensibles. Si elles diminuent lorsque le savon est arrêté, le produit mérite d’être considéré comme un facteur possible.

3. Des petites squames ou une peau qui pèle.

La desquamation peut signaler une barrière cutanée fragilisée. Elle est souvent accentuée par le frottement de la serviette ou par l’utilisation successive d’autres actifs irritants.

4. Des picotements avec les produits habituellement tolérés.

Une crème qui ne posait aucun problème peut commencer à brûler sur une peau sensibilisée. Le savon n’est pas nécessairement la seule cause, mais il peut maintenir le terrain irrité.

5. Une brillance accrue sur une peau mixte ou grasse.

La peau grasse n’est pas à l’abri de la déshydratation. Un nettoyage trop décapant peut donner une sensation de sécheresse en surface tout en laissant apparaître davantage de sébum quelques heures plus tard.

6. Une aggravation des zones déjà atteintes.

En cas de rosacée, d’eczéma, de dermatite ou de fissures, un savon alcalin peut être particulièrement inconfortable. Dans ce contexte, l’objectif n’est pas de rechercher une sensation de décapage, mais de réduire au maximum les agressions répétées.

Ces signes ne permettent pas de poser un diagnostic. Ils donnent simplement une indication pratique: si la peau va mieux après l’arrêt du savon, il n’y a aucune raison de s’obstiner au nom de la tradition. On peut essayer un nettoyage plus doux pendant plusieurs jours, en évitant de modifier toute la routine en même temps. Cela permet de mieux identifier ce qui a réellement changé.

Pour certaines personnes, le visage n’a d’ailleurs pas besoin d’un nettoyage intensif le matin. Un rinçage à l’eau tiède, ou un nettoyant doux utilisé seulement lorsque cela est nécessaire, peut suffire selon la peau, la transpiration et les produits appliqués pendant la nuit. Le soir, le nettoyage doit retirer la crème solaire, le maquillage et les particules accumulées, mais sans chercher à laisser la peau « squeaky clean », cette sensation de peau qui crisse sous les doigts.

Alternatives naturelles: privilégier la douceur pour le visage

Remplacer le savon de Marseille ne signifie pas renoncer au solide, à l’artisanat ou aux formules courtes. Cela signifie surtout choisir le produit en fonction de la zone lavée et de l’état de la peau.

Le savon SAF: une option possible, pas une garantie

Un savon saponifié à froid peut convenir à certaines peaux du visage, notamment lorsqu’il est simple, sans parfum et formulé avec un surgraissage adapté. Mais il faut garder en tête sa nature alcaline. Le surgraissage améliore le confort d’utilisation; il ne rend pas le pH proche de celui de la peau.

Pour une peau sèche, un savon très parfumé ou riche en huiles essentielles n’est pas forcément le meilleur choix, même s’il contient des beurres végétaux. Pour une peau sensible, la formule la plus intéressante est souvent la moins spectaculaire: peu d’ingrédients, pas de parfum, pas de promesse purifiante agressive, et une utilisation peu fréquente.

Les huiles et beurres peuvent influencer la dureté, la mousse et la sensation laissée sur la peau. Ils ne permettent pas, à eux seuls, de classer un savon comme « spécial visage ». Les mentions comme calendula, lait d’avoine ou karité peuvent être pertinentes, mais elles ne doivent pas faire oublier le fonctionnement du savon dans son ensemble.

Les syndets solides: pas des savons, et c’est précisément leur intérêt

Les syndets solides sont souvent mal compris parce qu’ils ne correspondent pas à l’image traditionnelle du savon. Ils ne sont pas obtenus par saponification d’huiles avec de la soude. Ils reposent sur des tensioactifs, parfois associés à des agents humectants, des poudres ou des corps gras.

Leur intérêt pour le visage est de pouvoir être formulés dans une zone de pH plus proche de celle de la peau. Un syndet solide à base de sodium cocoyl isethionate, par exemple, peut offrir un nettoyage plus doux qu’un savon alcalin, à condition que la formule complète soit bien tolérée. Le tensioactif ne suffit pas à juger le produit: parfum, huiles essentielles, agents dégraissants et autres additifs comptent aussi.

Un syndet n’est donc pas un « vrai savon », mais ce n’est pas un défaut. Pour une peau réactive, cette différence de famille chimique peut être exactement ce qui rend le nettoyage plus confortable. Il faut simplement vérifier que le produit ne compense pas sa douceur théorique par un parfum très présent ou des actifs irritants.

Et les huiles démaquillantes ou les laits nettoyants?

Pour les peaux sèches, un lait nettoyant ou une huile démaquillante rincée soigneusement peut être plus confortable qu’un savon. Ces textures limitent parfois la sensation de délipidation, notamment lorsque le maquillage ou la crème solaire doit être retiré sans multiplier les frottements.

Là encore, « naturel » ne veut pas dire universel. Une huile essentielle, un parfum ou un extrait végétal peut poser problème à une peau réactive, même dans une formule artisanale. La sobriété de la composition reste souvent un meilleur repère que la longueur de la liste des actifs mis en avant sur l’étiquette.

Si vous tenez au format solide, voici les éléments que je regarderais en priorité:

  • s’agit-il d’un savon ou d’un syndet?
  • le pH est-il communiqué avec une méthode crédible, et non présenté comme une promesse vague?
  • le produit contient-il du parfum ou des huiles essentielles?
  • la marque indique-t-elle clairement l’usage visage, ou le cube est-il présenté comme universel?
  • votre peau tiraille-t-elle après le lavage?
  • pouvez-vous réduire la fréquence d’utilisation sans compromettre votre confort ou l’efficacité du nettoyage?

Un pH compris entre 7 et 8,5 ne doit pas être présenté comme le critère idéal général pour un savon destiné au visage. Un véritable savon SAF ou de Marseille reste alcalin, même lorsqu’il est surgras. Si la priorité est de se rapprocher du pH cutané, il faut plutôt se tourner vers un syndet conçu pour cela ou vers un nettoyant non savonneux.

En cas de rosacée, d’eczéma, de dermatite séborrhéique ou de réaction persistante, l’avis d’un dermatologue est préférable. Un produit artisanal bien formulé peut accompagner une routine douce, mais il ne remplace pas un diagnostic ni un traitement lorsque la peau présente une pathologie.

Le savon de Marseille reste un excellent produit pour les mains, le corps, et parfois le ménage selon sa composition. Il est durable, économique et lié à un savoir-faire qui mérite mieux qu’un rejet automatique. Mais son histoire ne change pas sa chimie. Sur le visage, l’alcalinité, l’absence éventuelle de surgraissage et la variabilité des formules peuvent favoriser les tiraillements, surtout sur une peau sèche ou réactive.

La question n’est donc pas de savoir si le savon de Marseille est bon ou mauvais dans l’absolu. Elle est de savoir si sa fonction correspond à votre peau et à la zone que vous lavez. Pour le visage, la douceur n’est pas une faiblesse du produit: c’est souvent la qualité la plus importante.

Questions fréquentes

Le savon de Marseille peut-il être utilisé sur le visage ?
Il peut être toléré ponctuellement par une peau résistante, mais ce n’est généralement pas le nettoyant le plus cohérent avec la physiologie du visage. Son caractère alcalin peut favoriser l’inconfort, la sécheresse ou la réactivité, surtout en cas d’utilisation répétée.
Quel est le pH du savon de Marseille ?
Un savon de Marseille classique affiche généralement un pH situé autour de 9 à 11. Il est donc alcalin, contrairement à la surface de la peau, qui se situe le plus souvent autour de 5 à 5,5.
Le savon saponifié à froid est-il meilleur pour le visage ?
Pas automatiquement. Un savon saponifié à froid reste un savon alcalin, même si le surgraissage peut améliorer le confort de certaines personnes.
Le savon de Marseille convient-il aux peaux sèches ou sensibles ?
Les peaux sèches, atopiques, réactives ou déjà fragilisées peuvent réagir plus vite à un savon alcalin. En cas de tiraillements, de rougeurs, de squames ou de picotements, il est préférable d’essayer un nettoyage plus doux pendant plusieurs jours.
Quelle alternative au savon de Marseille choisir pour le visage ?
Un syndet solide formulé dans une zone de pH plus proche de celui de la peau peut offrir un nettoyage plus doux qu’un savon alcalin. Pour les peaux sèches, un lait nettoyant ou une huile démaquillante rincée soigneusement peut aussi être plus confortable.