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L'art de la cosmétique vivante et raisonnée.

Une chronique de Victorien Dufresne

Cosmétiques solides : la dérive de la surconsommation

« Zéro déchet », « sans plastique », « naturel », « nomade »: les cosmétiques solides cochent toutes les cases du produit désirable.

Victorien Dufresne, Artisan formulateur et critique de la cosmétique durable·Mis à jour : 31 août 2026·16 min de lecture

Cosmétiques solides : la dérive de la surconsommation

Cosmétiques solides: la dérive de la surconsommation

Ils ont aussi réussi un tour de force commercial assez remarquable: transformer une démarche de réduction des emballages en une nouvelle famille de produits à collectionner.

Le problème n’est pas le shampoing solide, le savon à froid ou le dentifrice en pastilles. Le problème apparaît lorsque nous achetons plus de références que nous ne pouvons en utiliser. Trois shampoings pour comparer les formules. Deux déodorants solides parce que le premier ne convient pas parfaitement. Un nettoyant visage, un pain exfoliant, un savon pour les mains, un autre pour la douche, puis un porte-savon en liège, une boîte de transport et un filet de séchage pour chaque produit. La salle de bain zéro déchet commence alors à ressembler à un rayon spécialisé.

Les cosmétiques solides et la surconsommation ne sont pas un paradoxe théorique. C’est l’envers du décor d’un marché devenu très visible, très séduisant et parfois très habile pour habiller l’achat impulsif en engagement écologique.

L’illusion du zéro déchet: quand le solide devient un produit de mode

Le passage du flacon au pain a une logique environnementale simple. Un shampoing ou un gel douche liquide contient jusqu’à 95 % d’eau. Cette eau doit être formulée, conditionnée, transportée, puis stockée dans un emballage, généralement en plastique. Avec un produit solide, l’eau est largement retirée de l’équation logistique. Le produit est plus compact, plus léger et souvent vendu avec peu ou pas d’emballage.

Pour une famille de quatre personnes, la différence potentielle n’est pas anecdotique. Les données citées par Natexpo évoquent une consommation annuelle moyenne de 30 bouteilles de shampoing, 30 bouteilles de gel douche, 30 tubes de dentifrice et 30 déodorants en formats classiques. Même si ces chiffres ne décrivent pas toutes les habitudes domestiques, ils donnent un ordre de grandeur clair: les produits d’hygiène génèrent une quantité régulière de contenants jetables.

Sur ce point, le solide apporte une réponse pertinente. Un pain bien formulé peut durer jusqu’à trois fois plus longtemps qu’un équivalent liquide, à fréquence d’usage comparable. Le savon à froid, lui, concentre une réaction de saponification dans un produit sans flacon à jeter. Ce n’est pas du marketing: c’est une modification réelle de la matière et du circuit de distribution.

Mais une bonne idée peut devenir une mauvaise habitude dès qu’elle est vendue comme une identité. Le produit solide ne se contente plus de remplacer un flacon. Il se décline. Il se parfume. Il se spécialise. Il se collectionne.

Le marché mondial des cosmétiques solides était annoncé à 7,6 milliards de dollars à l’horizon 2025. En France, il représentait environ 85 millions d’euros en 2022. En 2020, 13,4 millions de Français avaient acheté au moins un cosmétique solide. La transition est donc devenue un marché à part entière, avec ses codes, ses lancements et ses injonctions visuelles.

Et un marché ne prospère pas uniquement en remplaçant les achats existants. Il prospère aussi en ajoutant de nouveaux achats.

Un cosmétique solide réduit l’emballage. Il ne réduit pas automatiquement le nombre de produits dont nous décidons de nous entourer.

La nuance est fondamentale. Remplacer un flacon terminé par un pain solide est une décision de sobriété. Acheter quatre pains solides avant d’avoir fini le premier est une décision de stockage. L’emballage est peut-être meilleur. L’usage, lui, ne l’est pas forcément.

Le paradoxe de l’accumulation: pourquoi multiplier les références nuit à la démarche

Dans une routine classique, la surconsommation est visible par les flacons. Dans une routine solide, elle peut se dissimuler derrière une esthétique plus propre. Les savons sont alignés sur un porte-savon en bois. Les shampoings sont emballés dans du papier. Les déodorants tiennent dans de petites boîtes métalliques. Tout semble cohérent. Tout semble raisonnable.

Pourtant, une salle de bain remplie de produits solides reste une salle de bain remplie de produits.

C’est ici que la promesse minimaliste mérite d’être examinée avec un peu de chimie et beaucoup de bon sens. La peau n’a pas besoin d’un savon différent pour chaque jour de la semaine. Les cheveux ne gagnent pas nécessairement en santé parce qu’ils disposent de trois shampoings solides, d’un shampoing clarifiant et d’un pain « détox ». La nomenclature INCI change, les huiles végétales varient, les tensioactifs aussi, mais le besoin physiologique reste souvent beaucoup plus limité que l’offre commerciale.

Le secteur adore les catégories. Cheveux secs, cheveux ternes, cheveux bouclés, cuir chevelu sensible, cheveux en transition, cheveux exposés à la pollution. Certaines distinctions ont une utilité réelle. D’autres servent surtout à créer une nouvelle occasion d’achat.

Je me méfie particulièrement des routines qui promettent de résoudre chaque inconfort par l’ajout d’un produit. Un cuir chevelu qui gratte n’a pas forcément besoin d’un shampoing solide supplémentaire. Il peut réagir à un tensioactif, à un parfum, à un rinçage insuffisant ou à une fréquence de lavage trop élevée. La réponse ne consiste pas toujours à changer de boîte.

Le produit de secours devient vite le produit de trop

L’accumulation suit souvent le même scénario:

1. Nous achetons un cosmétique solide pour réduire les emballages.

2. Le résultat ne convient pas immédiatement, ou l’adaptation demande quelques lavages.

3. Nous commandons une autre référence, souvent présentée comme plus douce, plus sensorielle ou plus adaptée.

4. Le premier produit reste dans un tiroir, puis finit oublié.

5. Une promotion ou une nouveauté relance le cycle.

Ce fonctionnement n’est pas propre au solide. Il existe dans toute la cosmétique. Mais les formats compacts et les petits prix apparents facilitent l’empilement. Un pain paraît moins engageant qu’un flacon. Il prend moins de place. Il semble moins grave. C’est précisément ce qui le rend facile à multiplier.

Le bilan matériel ne se limite pourtant pas au volume de plastique. Il faut compter les matières premières, la transformation, le parfum, la fabrication de l’emballage secondaire, le transport, le stockage et la fin de vie. Un produit qui dort dans une salle de bain a déjà mobilisé toutes ces ressources, même s’il n’a jamais été utilisé.

Il faut également parler des accessoires. Le cosmétique solide nécessite parfois un porte-savon drainant. Puis une boîte de voyage. Puis une pochette ventilée. Puis une grille supplémentaire parce que le premier support retient l’eau. L’accessoire peut être utile. Il peut aussi devenir une catégorie de consommation autonome, avec son lot d’achats prétendument indispensables.

Concrètement, un pain de savon a surtout besoin de sécher entre deux utilisations. Un support qui laisse circuler l’air suffit généralement. Il n’est pas nécessaire de transformer chaque lavabo en présentoir de concept-store.

Solide ne veut pas dire universel

La forme physique ne dit presque rien, à elle seule, sur la qualité d’un produit. Un shampoing solide peut être correctement formulé ou agressif. Un savon artisanal peut convenir à une peau et dessécher une autre. Un déodorant sans emballage plastique peut contenir un parfum irritant. Un produit naturel peut provoquer une réaction cutanée, car naturel ne signifie ni inerte ni adapté à tout le monde.

Pour comprendre ce que nous achetons, il faut revenir à la formulation:

Ce que l’on observeCe que cela indique réellement
Un pain solideL’absence ou la faible présence d’eau dans le produit, pas sa douceur automatique
La mention naturelUne origine revendiquée pour certains ingrédients, pas une garantie de tolérance
Un shampoing qui mousse beaucoupLa présence et le comportement de tensioactifs, pas une preuve d’efficacité supérieure
Une liste INCI courteUne formule concise, pas nécessairement plus performante ou mieux tolérée
Un emballage sans plastiqueUne réduction potentielle du déchet d’emballage, pas un bilan carbone complet
Une fabrication artisanaleUn mode de production qui peut favoriser la transparence, mais qui ne dispense pas d’examiner la formule

Le savon et le shampoing solide ne sont pas interchangeables. Un savon à froid est obtenu par saponification d’huiles ou de beurres avec une base alcaline. Son pH reste alcalin. Un shampoing solide syndet repose généralement sur des tensioactifs solides et peut être formulé avec un pH plus proche de celui du cuir chevelu. Mélanger les deux catégories parce qu’elles se présentent sous forme de pain est une erreur fréquente.

Cette distinction explique une partie des déceptions. Un savon peut être excellent pour les mains et inadapté aux cheveux. Un shampoing solide peut nécessiter une période d’ajustement, notamment si la chevelure sort d’une routine riche en silicones ou en agents conditionnants. Dans ce cas, l’envie de multiplier les essais est compréhensible. Elle n’est pas toujours rationnelle.

Au-delà du format: l’eau chaude reste le facteur que l’on préfère oublier

Le solide a un avantage évident sur le transport et l’emballage. Mais l’impact environnemental d’une routine d’hygiène ne s’arrête pas au moment où nous jetons moins de flacons.

Une étude comparative de Stiftung Warentest, relayée par la Fédération romande des consommateurs, montre que l’impact global de l’hygiène capillaire dépend en priorité de la quantité d’eau chaude consommée pendant le lavage, et pas uniquement du format liquide ou solide du produit.

Voilà une information moins glamour qu’un emballage en carton, mais beaucoup plus utile. Un shampoing solide utilisé sous une douche interminable ne devient pas automatiquement écologique. Si nous laissons couler l’eau pendant l’application, le massage et le rinçage, la réduction du flacon ne compense pas nécessairement la dépense énergétique liée à l’eau chaude.

Le format compte. L’usage compte davantage qu’on ne le dit.

Dans un atelier de formulation, je peux travailler sur la concentration d’une formule, le choix des tensioactifs, la dureté d’un pain ou sa capacité à résister à l’humidité. Je ne peux pas modifier la durée de la douche. Cette partie du bilan appartient à nos habitudes, pas à l’étiquette.

La meilleure routine solide est donc celle qui combine plusieurs réductions modestes:

  • laisser le pain sécher complètement entre deux utilisations;
  • éviter de le maintenir directement sous le jet;
  • couper l’eau pendant l’application lorsque cela est possible;
  • utiliser une quantité adaptée plutôt que frotter le produit à l’excès;
  • terminer un produit avant d’en ouvrir un autre;
  • conserver les pains dans un endroit sec et ventilé;
  • choisir un format adapté à la fréquence réelle de lavage.

Le séchage joue un rôle très concret dans la durée de vie. Un savon qui trempe dans une coupelle pleine d’eau se ramollit, se délite et disparaît plus vite. Nous pouvons alors conclure que le solide dure moins longtemps que le liquide, alors que le problème vient du stockage. Le produit n’est pas défaillant. Il est simplement mal conservé.

Cette question matérielle est souvent traitée comme un détail. Elle ne l’est pas. Un produit utilisé jusqu’au bout est plus pertinent qu’un produit techniquement parfait abandonné après quelques usages.

La fin de l’euphorie: le recul du marché français en 2023

Le récit dominant a longtemps présenté la cosmétique solide comme un marché en croissance continue. La réalité est plus nuancée. Après une forte progression entre 2019 et 2021, le marché français a représenté environ 85 millions d’euros en 2022, puis a connu un recul de 3,2 % en volume en 2023.

Cette baisse ne permet pas de conclure que les consommateurs rejettent le solide. Elle montre plutôt que l’engouement initial se normalise. Un marché ne peut pas conserver indéfiniment le rythme d’adoption des premières années. Les consommateurs qui souhaitaient tester un shampoing ou un savon l’ont déjà fait. Les achats deviennent ensuite plus sélectifs.

C’est une évolution saine, à condition que le secteur l’accepte. La cosmétique solide n’a pas besoin de nouvelles références chaque semaine pour rester pertinente. Elle doit convaincre sur la qualité de la formulation, la durée d’utilisation, la traçabilité des ingrédients et la cohérence de sa production.

Le risque, pour les marques, consiste à répondre à la stabilisation de la demande par une inflation de l’offre. Lorsque les consommateurs achètent moins de produits essentiels, on leur propose des éditions saisonnières, des parfums exclusifs, des coffrets, des formats découverte et des routines complètes. L’économie de la nouveauté reprend ses droits. Le déchet visible baisse, mais la consommation de ressources peut continuer à progresser.

La sobriété ne consiste pas à remplacer vingt flacons par vingt pains joliment emballés.

Nous devons aussi sortir d’une vision trop confortable du mot « artisanal ». Une petite production peut favoriser le lien avec le fabricant, la compréhension de la saponification et la limitation des intermédiaires. C’est précieux. Mais artisanal ne signifie pas automatiquement local, peu carboné, sans excédent ou sans emballage. Un produit fabriqué en petite série reste composé d’ingrédients qu’il faut produire et transporter.

Le bilan carbone d’un cosmétique dépend de plusieurs postes. La matière première. Le conditionnement. La distance parcourue. L’énergie utilisée. La durée de vie. Le taux d’utilisation réel. La fin de vie. Une formule peut être très intéressante sur un aspect et moins favorable sur un autre. C’est moins vendeur qu’un slogan, mais c’est la réalité matérielle.

Réduire ses cosmétiques solides: revenir à une routine qui fonctionne

La sortie de la surconsommation ne demande pas une salle de bain parfaite. Elle demande surtout d’arrêter le renouvellement automatique.

Je conseille de commencer par un inventaire sans achat compensatoire. Nous regardons les produits réellement présents. Ceux qui sont ouverts. Ceux qui attendent. Ceux qui ont été utilisés une fois. Ceux qui ne conviennent pas. Cette photographie est parfois plus instructive que n’importe quel comparatif en ligne.

Ensuite, il faut distinguer le besoin du scénario marketing. Une routine minimale peut couvrir plusieurs usages avec peu de références: un savon pour le corps ou les mains selon la tolérance, un shampoing adapté, un dentifrice, un déodorant si nous en utilisons, et rien de plus tant que ces produits ne sont pas terminés. Ce n’est pas une règle universelle. C’est un point de départ raisonnable.

Une méthode simple pour sortir de l’empilement

1. Finir les produits ouverts qui conviennent.

Le plus écologique est souvent celui que nous possédons déjà. Cette phrase n’est pas une excuse pour utiliser un produit qui provoque une irritation. Elle rappelle simplement qu’un produit fonctionnel n’a pas besoin d’être remplacé par une nouveauté.

2. Mettre en pause les achats de remplacement anticipés.

Acheter un shampoing parce que le précédent arrive bientôt à la fin peut être pratique. En acheter trois pour profiter d’une réduction crée surtout un stock difficile à suivre.

3. Attribuer un usage précis à chaque référence.

Si deux produits remplissent la même fonction, nous devons savoir pourquoi ils coexistent. Sans réponse claire, l’un des deux est probablement superflu.

4. Observer la formule plutôt que la promesse.

La nomenclature INCI permet de repérer les tensioactifs, les parfums, les allergènes déclarables, les huiles et les agents de texture. Elle ne raconte pas toute l’expérience, mais elle évite de confondre un vocabulaire végétal avec une démonstration de qualité.

5. Corriger le stockage avant de changer de produit.

Un pain qui fond peut être mal égoutté. Un shampoing qui poisse peut être mal rincé, trop dosé ou incompatible avec la chevelure. Le diagnostic vient avant le panier d’achat.

6. Mesurer l’usage réel.

Si un produit reste inutilisé pendant plusieurs mois, ce n’est pas forcément le bon produit pour notre routine. Nous n’avons pas besoin de lui inventer une fonction pour justifier son achat.

Cette approche permet aussi de réduire la fatigue du zéro déchet. Elle est réelle, même si elle reste difficile à quantifier. À force de devoir choisir le bon contenant, le bon matériau, la bonne recharge et le bon accessoire, la démarche écologique peut devenir une seconde activité professionnelle. Ce n’est pas le but.

Le zéro déchet ne doit pas produire une nouvelle culpabilité: celle de ne pas avoir le savon parfait, le sac parfait ou la salle de bain parfaitement assortie. Une routine durable doit pouvoir être maintenue quand nous sommes pressés, fatigués ou simplement moins motivés. Sinon, elle repose sur une énergie mentale qu’elle finit par consommer.

La sobriété comme critère de formulation

Pour évaluer un cosmétique solide, je préfère poser des questions très simples:

  • La formule correspond-elle réellement à l’usage annoncé?
  • Le produit peut-il être utilisé jusqu’au bout sans se désagréger prématurément?
  • Son emballage protège-t-il le produit sans ajouter une accumulation inutile de matériaux?
  • Le format est-il adapté à la fréquence de lavage et au rangement disponible?
  • La marque donne-t-elle des informations compréhensibles sur les ingrédients et la fabrication?
  • Le produit remplace-t-il un achat existant, ou s’ajoute-t-il à une collection déjà abondante?
  • Le prix est-il cohérent avec la quantité de matière et la durée d’usage?
  • L’accessoire proposé est-il réellement nécessaire?

Ces critères ne sont pas une grille administrative. Ils servent à déplacer notre attention. Nous sortons de la couleur du carton et du vocabulaire de la promesse pour revenir à la matière, à l’usage et à la durée.

Acheter moins, formuler mieux

La cosmétique solide reste une transition pertinente. Elle peut réduire les emballages jetables, limiter le transport d’eau et simplifier une routine. Le savon à froid, lorsqu’il est bien fabriqué et correctement utilisé, a toute sa place dans une salle de bain sobre. Les shampoings solides peuvent également répondre à un besoin réel, à condition de distinguer les syndets des savons et de choisir une formule compatible avec le cuir chevelu.

Mais le solide n’est pas une absolution écologique. Ce n’est pas parce qu’un produit tient dans la paume de la main qu’il échappe aux lois de la production matérielle. Il a fallu des ingrédients, de l’énergie, du transport, un conditionnement et un acte d’achat. S’il finit dans un tiroir, son bilan ne devient pas vert par simple contact avec du papier kraft.

La bonne question n’est donc pas: combien de cosmétiques solides puis-je remplacer dans ma salle de bain? Elle est plus exigeante: de quels produits ai-je réellement besoin, lesquels vais-je utiliser jusqu’au bout et quelles habitudes ont le plus d’effet sur l’ensemble de ma routine?

Concrètement, remplacer un flacon terminé par un solide constitue un progrès raisonnable. Remplacer une collection de flacons par une collection de pains ne change que la forme du problème. La sobriété commence lorsque nous cessons de confondre réduction des déchets et multiplication des achats acceptables.

La meilleure salle de bain zéro déchet n’est pas celle qui affiche le plus de produits sans plastique. C’est celle où chaque produit a une fonction, une durée de vie et une vraie chance d’être terminé.

Questions fréquentes

Les cosmétiques solides sont-ils vraiment plus écologiques que les produits liquides ?
Ils peuvent réduire les emballages jetables et limiter le transport d’eau, car ils sont plus compacts et plus légers. Leur bilan dépend toutefois aussi de la formulation, de la fabrication, du transport, de la durée d’utilisation et des habitudes de lavage.
Pourquoi les cosmétiques solides peuvent-ils encourager la surconsommation ?
Leur format compact, leurs prix apparents et leur esthétique peuvent faciliter l’accumulation. Acheter plusieurs produits avant d’avoir terminé le premier transforme une réduction d’emballage en multiplication des achats.
Quelle est la différence entre un savon solide et un shampoing solide ?
Un savon à froid est obtenu par saponification d’huiles ou de beurres avec une base alcaline et conserve un pH alcalin. Un shampoing solide syndet repose généralement sur des tensioactifs solides et peut avoir un pH plus proche de celui du cuir chevelu.
Comment faire durer plus longtemps un cosmétique solide ?
Il faut le laisser sécher entre deux utilisations, éviter de le maintenir sous le jet et le conserver dans un endroit sec et ventilé. Un support qui laisse circuler l’air suffit généralement.
Que faire pour réduire sa consommation de cosmétiques solides ?
Il est conseillé de faire l’inventaire des produits présents, de finir ceux qui conviennent et de mettre en pause les achats de remplacement anticipés. Chaque référence devrait avoir un usage précis, et le stockage ou le dosage devraient être corrigés avant de changer de produit.